jeudi 19 avril 2007

Histoire d'un harcèlement

A travers ce blog qui se pianote à plusieurs mains, au milieu de sujets plus ludiques ou plus matériels, je souhaite vous raconter l'histoire d'un harcèlement au quotidien, le mien.

C'est une histoire qui ne date pas d'hier : elle a commencé voilà trois ans. Vous retrouverez donc ici des moments trés actuels et des flash-backs. Tous douloureux, malgré le baume que peuvent m'apporter des collègues, des amis, ma fille, mon mari.

L'écriture m'est difficile. Je vais donc écrire lentement. Décrire petit à petit. Eviter de déchirer mes plaies, de sortir trop vite de l'ombre où je m'enferme pour aller vers la lumière de votre écran. Je vais donc prendre mon temps, prendre des détours, laisser de l'ombre, du brouillard, des contradictions. Je vais me protéger.

Le décor est agréable : un hôpital bati au 19ème dans un quartier résidentiel. Des arbres, des jardins, des batiments de briques et de pierre, avec au centre le batiment de la direction, tout à la fois plus bas et plus imposant. Un batiment conçu dès l'origine pour marquer que le pouvoir y réside.

Son histoire marque une époque : c'était à l'origine un "hotel des invalides de guerre". Les militaires prennent soins des leurs. Un "hotel" ? un "hopital" ? La différence est simple : l'hotel ne laisse pas espérer de guérison, simplement du repos. Il arrivait toutefois que l'on y guérisse, en acceptant de perdre un bras ou son image.

Le mèdecin n'est pas celui qu'attendent ceux que l'on n'appelaient pas encore les patients. Ils attendent les infirmières. Celles qui soignent, qui soulagent, qui parlent, qui écoutent, qui font réver. Des anges. Des saintes. En fait, des religieuses. Elles ont la foi. C'est une vocation. Elles sont désintéressées. Il n'est pas question des 35 heures, ni même de les payer. Quand l'hopital est devenu public et la république laïque, elle ont continué à venir. Leur travail n'est plus gratuit aujourd'hui, mais celà reste récent. Et dans le monde de l'hopital, celà continue de marquer : le salaire d'une infirmière, ça doit d'abord être le bien qu'elle fait autour d'elle.

Les soeurs n'y ont pas tout perdu : un pavillon de l'hopital leur est aujourd'hui réservé. Elles sont plusieurs à y voir le diable et à hurler longuement certaines nuits.